Après L’Île, que j’avais beaucoup aimé, il était temps pour moi de découvrir Malevil. D’abord pour retrouver Robert Merle, mais aussi parce qu’il s’attaque ici à mon genre de prédilection : la science-fiction, et mieux encore, le post-apocalyptique. Sans surprise, ce fut une lecture très plaisante.
J’y ai retrouvé des similitudes avec L’Île, notamment à travers cette petite communauté isolée qui tente de survivre dans un environnement hostile, et surtout par la finesse avec laquelle les rapports humains sont décrits. Le post-apo prend ici une forme assez originale : pas de villes dévastées ni d’immeubles en ruines, mais une campagne carbonisée. Les survivants se réfugient dans une vieille bâtisse à flanc de falaise qui les a protégés du souffle nucléaire. Avec peu de moyens et dans un monde dévasté, il faut survivre.
Mais plus que la catastrophe, c’est le groupe qui est au cœur du roman. Une poignée de survivants s’organise autour d’un leader charismatique. Emmanuel prend naturellement la tête du clan, mais certaines de ses décisions interrogent. Parfois manipulateur, parfois autoritaire, il agit convaincu de faire le bien des siens. Le lecteur, lui, se posera souvent la question. En tout cas, moi, j’ai souvent hésité sur mes sentiments envers Emmanuel. Certaines de ses actions m’ont vraiment interloqué. La place accordée aux femmes m’a également paru un peu datée, parfois choquante, même si cela tient sans doute à l’âge du roman.
C’est là l’un des grands points forts de ce roman de science-fiction pas comme les autres : une construction solide, des personnages ambigus et profondément humains, et une réflexion passionnante sur le pouvoir, la survie et la communauté. Une très belle découverte.
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