[Amours fragiles. 4, Katarina | Philippe Richelle ; Jean-Michel Beuriot]
Dépossession.
En 1940, Katarina Braun travaille à Paris pour Loisirs, un journal de divertissement. Depuis huit ans déjà, elle s'évertue à dissimuler ses origines juives pour se protéger mais la police française, zélée avec l'occupant allemand, pose sa griffe rapace sur toute personne suspecte. La délation court les rues et Katarina va en subir les effets délétères. Son oncle, Pierre Lion, dirige une industrie textile mais l'aryanisation des entreprises prônée par le Commissariat aux questions juives impose un administrateur qui le destitue séance tenante. L'humiliation, la spoliation et enfin la déportation guettent le patriote et le soldat décoré de la Première Guerre mondiale Pierre Lion. le lieutenant Martin Mahner obtient enfin son affectation sur Paris et sa préoccupation première est de retrouver Katarina, son amour inavoué. Pourra-t-il lui venir en aide et lui exprimer son amour ?
Documenté et nuancé, le scénario de Philippe Richelle restitue admirablement le contexte et l'état d'esprit de l'Occupation. le parti pris est subtil. Plutôt que d'asséner des séquences chocs, la violence démultiplie sa puissance par des sourires esquissés, des affaissements d'épaules, des riens qui en disent long. le dessin de Jean-Michel Beuriot soigne les décors et sert remarquablement la narration. Bien qu'il n'excelle pas dans la précision et le réalisme, le trait trouve à exprimer des émotions fines et des amours fragiles. le quatrième album de la série est une nouvelle réussite.
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