De façon plutôt analogue à la rédaction de _Les Couilles sur la table_, à partir du podcast homonyme, cet ouvrage est également issu d'un podcast : il vise à « jeter les bases d'une vraie révolution romantique », c'est-à-dire à métamorphoser les rapports amoureux en vue d'obtenir des relations affectives et sexuelles plus profondes et plus égalitaires. Plusieurs sujets sont abordés en succession (cf. Sommaire), dans une structure qui refuse le plan en deux parties : pars destruens et pars construens. Si la scansion du podcast n'est plus identifiable dans cet ouvrage-ci, il reste de la forme très didactique et abordable du précédent ouvrage une répartition entre le corps du texte, c-à-d. la partie discursive de chaque sujet, introduite par une page de fragments imprimés sur fond rouge, suivie souvent d'extraits de commentaires issus des épisodes du podcast, qui portent l'intitulé de « Chœurs » pour en souligner la nature de témoignage, et se terminant enfin par des références bibliographiques diverses sous les intitulés de « Sources » et de « Ressources ». Le corps du texte continue de comporter de longues citations, des outils typographiques variés y compris le gras, l'italique, le centrage et la bichromie. Certains croquis accompagnent également le texte et les annexes.
Le résultat est sensiblement identique à celui que j'avais identifié et commenté dans l'ouvrage précédent. Ce livre aussi constitue un état des lieux de la réflexion actuelle, une synthèse qui gagnerait à être diffusé auprès d'un public le plus étendu possible, et assurément auprès de la jeunesse.
Sommaire [avec résumé succinct et appel des cit.]
I. C'est une amoureuse qui vous parle [L'autrice se situe et pose l'hétérosexualité comme un fardeau dépassant l'orientation sexuelle du même nom. Cit. 1]
II. La princesse et l'escalator [Première déconstruction de la mythologie romantique. Introduction de la notion d' 'escalator relationnel' comme moyen d' « évalue[r] l'importance, la profondeur ou l'intensité de nos sentiments ».]
Chœur 1
III. Le plan cul et la vieille fille à chats [Critique de ces deux stéréotypes péjoratifs liés au célibat et
critique de la monogamie hétérosexuelle. Cit. 2]
Chœur 2 [cit. 3]
IV. Cendrillon, Platon et une moitié d'orange [Approfondissement de la déconstruction de la mythologie de l'amour romantique : sont analysés plusieurs mythes afférents. Cit. 4]
Chœur 3
V. Le vélo, la poupée et la boussole [De l'héritage néfaste de l'éducation genrée et autres séquelles de l'enfance. Cit. 5]
Chœur 4
VI. Le cœur de Chloé [Cas d'étude sur Chloé-Tal Madesta et sa transition]
VII. Le chasseur et la proie [Les effets pernicieux du masculinisme et en particulier la culture de la violence et du harcèlement. Cit. 6. Début d'alternatives par l'introduction de la notion (et de certaines pratiques) de la 'révolution romantique'. Cit. 7]
Chœur 5
VIII. Le marché du cœur [De la métaphore du marché et de la logique marchande dans les relations amoureuses et de la manière dont cette logique permet la prévalence de rapports de domination dans le couple hétérosexuel. Cit. 8]
Chœur 6
IX. Devenir chèvre [Des apparences et autres insatisfactions corporelles des femmes. Leçons pour se 'désobjectifier'. Cit 9]
Chœur 7
X. L'ingénieur et l'infirmière [Des défauts de communication entre les genres, de l'écoute, de l'empathie et de l'intelligence émotionnelle.]
Chœur 8
XI. Romance et soumission [Y a-t-il contradiction entre hétérosexualité et féminisme ? Le problème de la romance et suggestion de quelques techniques « pour que les romances […] soient plus joyeuses qu'aliénantes »]
Chœur 9
XII. La révolution romantique n'est pas un dîner de gala [Prise de distance critique de l'autrice sur certains de ses propres postulats concernant sa 'révolution romantique'. Cit. 10]
Prolongations :
Livres, les indispensables
Podcasts, les indispensables
Livres pour les plus jeunes
Violences amoureuses : repères
Cercles de parole et d'écoute : mode d'emploi
Coulisses
Cit. :
1. « Je crois que nous sommes de plus en plus nombreu.ses à trouver l'hétérosexualité inconfortable. Et je ne parle pas tant du fait de désirer des hommes que de ce que ces relations entraînent trop souvent, de ce qui pèse sur nous toutes depuis si longtemps et que les luttes féministes ont enfin permis de nommer :
la condescendance du 'mansplaining'
les microviolences ordinaires
la charge mentale
la charge domestique...
et émotionnelle...
et sexuelle.
Je sais que nous sommes nombreu.ses à chercher la sortie, à nous demander comment résister, concrètement, pour ne pas renoncer à l'amour sans pour autant continuer de subir la soumission hétérosexuelle ordinaire. Et si nous ne voulons pas renoncer à l'amour, peut-être nous faudra-t-il renoncer à autre chose. Mais à quoi ? à la cohabitation ? à la monogamie ? au couple ? à l'amour romantique ? à l'hétérosexualité ?
L'une des personnes que j'admire le plus au monde, l'écrivaine Virginie Despentes, a souvent raconté comment devenir lesbienne à 35 ans l'avait libérée. Quand je l'ai rencontrée en 2019, je lui ai demandé si un tel changement pouvait se décider. Elle m'avait répondu cette phrase qui résonne encore chez moi : "On ne peut pas décider de devenir lesbienne mais on peut accueillir la possibilité avec enthousiasme." » (p. 14)
2. « Les amitiés féminines ont en effet été souvent dévalorisées ou invisibilisées par la culture patriarcale, qui ne pouvait les concevoir que sur le mode de la rivalité, de la jalousie, de la compétition, ou de l'anecdotique. Par exemple, il est très récent de voir représentées de grandes amitiés féminines dans la fiction, ou d'entendre parler de sororité.
Mais quand la sororité existe, concrètement, alors les catégories méprisantes de 'vieille fille à chats', ou de 'plan cul', perdent leur pouvoir de nuisance : on peut commencer à voir que nos plus grandes, belles, solides, longues histoires d'amour, nous sommes peut-être déjà en train de les vivre, sans prince charmant, mais avec nos ami.es.
Déconstruire ainsi la monogamie pourrait aussi être une façon de nous protéger. On sait que les ruptures amoureuses sont probables (c'est statistique), et souvent douloureuses. On sait également que nos relations amoureuses peuvent aussi être le lieu de violences, physiques ou psychologiques. Construire un réseau affectif solide, en dehors du couple, c'est s'assurer un rempart, un refuge, un lieu où l'on sera en sécurité. Parce qu'à tout miser sur une seule relation, on peut se retrouver beaucoup trop vulnérable quand celle-ci se rompt.
[…]
"Qu'est-ce qu'on se doit ?" Très concrètement, cela veut dire : qui sera là dans la détresse et la tristesse, dans les moments de deuil et les coups durs ? Qui sera là pour nous apporter un bol de soupe si on est malade ? Avec qui voulons-nous créer des liens de solidarité réciproque ? Dans la culture monogame, c'est l'une des fonctions essentielles du couple. Voici la question que pose l'essayiste Brigitte Vasallo : que se passerait-il si ces promesses de secours, d'assistance, de soin, d'entraide, on les formait aussi avec nos ami.es et avec toutes les personnes présentes dans notre réseau affectif ? » (pp. 50-51)
3. [Juliette] : « Je suis handie. J'ai une maladie neurologique, j'ai des douleurs physiques, de la fatigue chronique et de forts troubles cognitifs. J'ai connu et pratiqué le couple libre plusieurs fois avant de tomber malade, au moment où j'ai rencontré mon compagnon. […] Mon compagnon est devenu mon aidant familial, un espace d'intimité essentiel dans mon quotidien. Il est le seul à savoir comment me lever du canapé, quand il faut fermer les volets, quel geste accomplir pour me soulager... La liste est longue, et c'est loin d'être anecdotique. Ce n'est pas une couche qui vient s'ajouter aux relations amoureuses classiques : je ne peux pas m'en défaire car ces besoins rythment ma vie. Il en est de même pour l'amour fusionnel : je vois bien l'idée de remettre en question ce concept, d'ailleurs, je ne le partageais pas vraiment, mais que se passera-t-il pour moi le jour où notre histoire s'arrête ? […] J'ai l'impression que je ne rêve plus avec le même vocabulaire amoureux et je me sens souvent très seule. » (p. 56)
4. « […] c'est le mythe de l'omnipotence : l'amour qui peut tout, qui peut transformer les monstres en princes, surmonter tous les obstacles.
[…]
Le mythe de l'incomplétude [qui provient du _Banquet_ de Platon] va donc de pair avec celui de l'éternité (le véritable amour dure toujours), mais aussi avec celui de l'unicité et de la prédestination. Ce mythe, on le trouve notamment dans les chansons populaires.
[…] On ne fera plus qu'un, on se comprendra sans se parler, on fera partie l'un de l'autre : c'est le mythe de la fusion – un mythe qui peut nous faire croire qu'on a des droits sur l'autre. Car si l'autre, c'est nous, alors on le possède – et on est 'possédé.e'...
[…]
Déconstruire ces mythes, ce n'est pas rejeter nos émotions. C'est ouvrir la voie à des relations qui seront encore plus intenses, exaltantes, magiques, enfin basées sur l'honnêteté, l'égalité, le respect de nos limites. » (pp. 68-69, 72)
5. « [Ginevra Ugucciolini, in : _Couple : la famille en héritage. Sexe, argent, traditions... Comment les croyances familiales pèsent sur notre vie de couple_ (2020)] :
"On peut être 'pas aimé.e', dans le cas d'abandon, ou 'mal aimé.e', dans le cas de maltraitances ou de négligences – physiques, mais aussi psychologiques ou verbales. Or les enfants, contrairement aux adultes, ne peuvent pas avancer avec ça, ils ne peuvent pas se dire : < Moi je suis quelqu'un de bien, la manière dont on me traite n'a rien à voir avec moi, c'est lui ou elle, le papa ou la maman, qui est quelqu'un de mauvais parce qu'il ou elle n'est pas capable de m'aimer.> Ça, un enfant n'est pas capable de la penser. Jamais. Les enfants ne remettent pas en question l'amour que leurs parents ont pour eux. Si bien que l'enfant confronté.e à un manque d'amour va devoir se justifier autrement, en si disant : < C'est moi qui ne mérite pas leur amour, donc je vais essayer de faire en sorte de le mériter, donc je vais être par exemple l'enfant parfait, donc je vais réprimer qui je suis pour correspondre à ce que mes parents veulent de moi. Donc je vais accepter des abus, je ne vais rien dire, je ne vais pas verbaliser. Je vais accepter des violences. Mais je vais démontrer que j'aime quand même mon parent. [...]>"
Autrement dit, on apprend d'abord à reconnaître l'amour à partir de celui qu'on a reçu enfant, même si cet amour est malsain, maltraitant, violent, incomplet, insécurisant. On est tout et toutes marqué.es par ce premier amour. » (p. 89)
6. « Être faussement écoutée, pas vraiment prise au sérieux ; c'est une sensation si banale qu'il arrive qu'on ne la remarque plus. Et qui participe à l'auto-dévalorisation des femmes : comment peut-on avoir confiance en soi, sentir nos désirs, nos envies véritables, quand on nous renvoie que ce qu'on dit, ce qu'on est ou ce qu'on fait ne compte pas vraiment ? L'existence de cette fuckzone nous impose d'être tout le temps sur nos gardes. Et cela vaut autant dans la sphère personnelle ('cet homme s'intéresse-t-il vraiment à ce que je dis ou veut-il juste coucher avec moi ?') que dans un cadre professionnel ('a-t-il vraiment un intérêt pour mon projet, ou a-t-il autre choses en tête ?').
Autrement dit, la mentalité du prédateur impose aux femmes un rôle de proie. » (p. 129)
7. « Passer d'une culture de la prédation et de la contrainte à la culture du consentement et du désir enthousiaste, dans nos interactions, ce n'est pas demander l'autorisation à chaque geste, ce n'est pas signer un formulaire avant de baiser, c'est trouver des moyens de rendre cool et excitant le fait de rester tout le temps connecté.e au désir de l'autre et à son propre désir. Cela peut prendre des formes très différentes, verbales ou non verbales. En pratique, ça veut dire que ça ne nous semble plus bizarre ou dérangeant, quel que soit notre genre, de prononcer des phrases comme :
"Tu me plais beaucoup. Je te trouve très beau. Je crois qu'on est en train de se séduire, c'est ça non qui est en train de se passer ? Hey... c'est hyper intense de t'embrasser, ça te va si on fait ça ? J'ai pas tellement envie de sexe, mais j'ai très envie que tu me caresses longtemps, ou j'ai très envie de faire des câlins en fait. Ça fait très longtemps que personne ne m'a touché, tu veux bien ralentir ? En ce moment j'ai des problèmes pour bander. J'ai envie de toi. T'as des capotes ? Est-ce que tu as envie que je vienne à l'intérieur de toi ? Encore ? J'arrête ? Tu veux continuer ? Tu me passes du lubrifiant / Tu veux du lubrifiant ? Est-ce que je vais trop loin ? Ça va comme ça ? Tu te sens bien ? Te force pas, t'es obligé de rien du tout. Dis-mois comment te faire jouir. Dis-moi ce qui te fait du bien. Hey, je croyais que j'avais envie de sexe, mais en fait ce dont j'ai envie, c'est que tu me serres très fort dans tes bras. Est-ce que tu aimerais que je te suce ? Ça te dirait d'utiliser un jouet ? J'ai besoin d'un peu plus de salive. T'inquiète j'ai vu que tu bandais plus, ça va. J'ai vu que t'avais pas eu d'orgasme, est-ce que c'était bien quand même ? J'ai envie de t'embrasser."
La révolution romantique est une révolution de l'empathie dans la séduction ET dans le sexe. » (p. 133)
8. « Tu ne dors plus. Les yeux fermés, tu comptes tes matchs sur Tinder : 324. Tu penses à tous les kilos que tu as réussi à perdre (un deux trois quatre cinq six... sept!!!) ; tu fais la liste de tes ami.es et tu les classes – premier, deuxième et troisième cercles -, et celle de toutes les personnes avec qui tu as couché dans ta vie (Benjamin, Camille, Matthias, Ivan, François...) et tu les comptes et tu ajoutes le nombre de compliments qu'on t'a faits cette semaine ; tu prends ce chiffre, et tu le multiplies par le nombre de followers que tu as sur Instagram (4598), auquel tu ajoutes le nombre de fêtes auxquelles tu as été invité.e cette année (6), que tu divises par le nombre de SMS en attente de réponse sur ton smartphone (14) ; tu multiplies le tout par ton salaire annuel (30.786, bruts) ; si tu es une femme, tu divises ce chiffre par le nombre d'années d'études supérieures que tu as faites – plus tu es diplômée, moins ta valeur est élevée ; si tu es un homme, tu ajoutes ta taille, en centimètres, mais seulement si ce chiffre est supérieur à 180 ; en dessous, tu divises ; tu mets en facteur ton âge – à partir de 22 ans, si tu es une femme, tu sais que ta valeur diminue ; tu ajoutes à ce total le nombre de livres de développement personnel que tu as lus dans ta vie, pour apprendre-à-croire-en-toi-exiger-le-meilleur-devenir-toi-même-cesser-d'être-gentil-pour-être-vrai-et-pour-découvrir-comment-te-faire-des-amis-séduire-à-tous-les-coups-développer-ton-potentiel-faire-fructifier-tes-talents, que tu multiplies par la somme totale que t'ont coûtée toutes tes séances de thérapie et de coaching – 60 euros de l'heure ; et tu cherches ainsi à calculer ton score de désirabilité, le résultat de ton classement sur le marché... (89.732?) et le taux de probabilité qui dit si tu mérites assez de vivre une belle, vraie, grande relation amoureuse... si tu le mérites vraiment (je sais pas)... si c'est possible, encore. » (p. 146)
9. « Après une année avec mes chèvres, je suis rentrée chez moi. J'ai remis mes talons, mon vernis à ongles, je me suis réhabituée à être scrutée, commentée, harcelée dans la rue, j'ai recommencé à m'insulter de temps en temps devant un miroir, à me sentir moche, inadéquate, insatisfaite. Mais quelque chose a changé. Désormais, dans les moments où je voudrais être plus belle, plus mince, différente, dans les moments où je me sens moche et pas comme il faut, où j'ai peur de vieillir, peur de mes rides et de mes seins qui tombent, où je me reprends à m'insulter, à mépriser mon propre corps alors je croise mon reflet dan le miroir et je fais : "Bêêêêêê..."
déformater son regard
se rendre compte que rien n'est vraiment laid, difforme, raté
aller se promener au musée, chercher des corps qui nous ressemblent
aller au hammam et voir d'autres personnes nues
s'abonner à des centaines de comptes Instagram, qui montrent des bourrelets, des vergetures, des rides, des cicatrices, et trouver ça beau
reconnaître la beauté dans des endroits de plus en plus inattendus
faire des pactes avec ses amies, sa mère, ses cousines : "jamais plus jamais on ne commente spontanément l'apparence les unes des autres, d'accord ?"
jouir pour guérir ; guérir des blessures, des violences, de la dissociation traumatique ; tout doucement
se traiter, quoi qu'il arrive, comme une amie, une amoureuse, une gardienne protectrice une déesse
C'est la pensée politique qui me guérit de mes névroses intimes.
Parce que nous sommes nos corps, que nos émotions et nos pensées sont liées, écouter nos corps, c'est politique. » (pp. 180-181)
10. « Au début de mes recherches, je voyais la révolution romantique d'abord comme une transformation de nos formes de relation – j'étais en particulier très intéressée par la remise en cause de la monogamie et de l'idéal de fidélité sexuelle dans nos relations amoureuses, par les outils de communication pour résoudre les conflits, pour développer l'empathie et la compréhension mutuelles, etc. Mais je me suis rendu compte que tout ce qui pouvait m'apparaître comme émancipateur pour les individus se retournait vite contre les parties structurellement plus faibles. Prenons l'exemple de l'escalator des relations, exposé dans le premier chapitre : j'ai été assez vite alarmée de l'enthousiasme que ce concept provoquait chez les auditeurs masculins, y compris chez mes amis ("Oh génial, ça va me permettre d'expliquer à la fille avec qui je couche depuis trois ans pourquoi je ne veux surtout pas m'engager avec elle, ni la présenter comme ma copine, ni renonctrer ses parents, ni rien lui promettre, parce que c'est tellement convenu, conventionnel, tous ces trucs, mais elle ne comprend pas que moi je refuse de monter sur l'escalator, je suis un révolutionnaire !").
Même chose pour le polyamour, c'est-à-dire la possibilité, pour les individus, de nouer plusieurs relations amoureuses, en toute transparence, et que toutes les personnes impliquées soient consentantes. […] Je suis beaucoup plus prudente maintenant que j'ai constaté comment ce bel idéal avait été récupéré par de nombreux hommes hétérosexuels […]
[…]
[…] le capitalisme se transforme et perdure en intégrant toutes les critiques et les contestations qui lui sont faites. La société réclame plus d'autonomie et de créativité ? Les entreprises vont se mettre au management horizontal, et vous serez votre propre patrin (votre propre exploiteur). La planète brûle ? On va faire du green washing. […]
Pour le patriarcat, c'est pareil : chaque fois que nous croyons que de nouvelles normes, de nouveaux modèles relationnels, de nouveaux comportements peuvent émanciper les femmes, cela se retourne (en partie) contre elles. » (p. 255-256)
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