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[Différentes saisons | Stephen King]
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Swann




Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 19 Juin 2006
Messages: 2705


Posté: Aujourd'hui, à 11:44
MessageSujet du message: [Différentes saisons | Stephen King]
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Ceci est un recueil de nouvelles que je cherchais depuis au moins quinze ans, à cause de la nouvelle "Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank", dont j'oubliais régulièrement dans quel recueil elle se trouvait au moment d'entrer dans une librairie. Il m'attendait sur une étagère à livres gratuits... Je le tiens à votre disposition pour cette raison.
 
Espoir, éternel printemps : "Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank"
Andy Dufresne, un jeune et riche banquier, doué, a découvert que sa femme le trompe et ce sera prouvé lors de l'audience pour le double meurtre de sa femme et de son amant. Andy aura beau clamer son innocence, les apparences sont contre lui et c'est sur ces apparences qu'il sera condamné à une peine de prison à vie. Une fois incarcéré, on lui fait savoir que tout le monde est innocent à Shawshank, il comprend donc que ses dénégations ne lui attireront aucune sympathie. Il essaie alors seulement de survivre aux mauvais traitements, tout en se montrant observateur, psychologue et... banquier. A petit bruit, il étire le champ de son action et de ses exigences...
De cette nouvelle a été tiré un film, "Les Évadés", que j'ai revu de nombreuses fois, tant il me parlait. La voix off omniprésente, le commentaire de Red, ressemblait tellement aux narrations de Stephen King que je me doutais que Frank Darabont, le réalisateur et scénariste, n'avait presque rien changé... et effectivement : d'abord, Stephen King était co-scénariste, ensuite la nouvelle était déjà excellente.
Le film a amélioré tous les préparatifs de l'évasion d'Andy pour la rendre encore plus parfaite, mais il y a des détails qui n'ont pas été reconduits, qui rendent la démarche de Red plus réaliste.
Citation : 
• Souviens-toi que l'espoir est une bonne chose, Red, peut-être ce qu'il y a de mieux, et qu'une bonne chose ne meurt jamais.
 
Été de corruption : "Un élève doué"
Todd Bowden, treize ans, très bon élève, multipliant les petits jobs, sportif émérite, se passionne pour l’Histoire, notamment celle de la Seconde Guerre Mondiale. Feuilleter de vieilles revues lui révèle qu’Arthur Denker, un vieux voisin, censément émigré de date relativement fraîche est l’authentique ex-commandant nazi Dussander, en charge d’un camp de concentration où il laissa le souvenir d’une cruauté, d’une sauvagerie peu communes.
Muni de ces informations, Todd se fait connaître à Denker-Dussander comme le dépositaire de son secret, et lui demande de répondre à ses questions et de se soumettre à toutes ses fantaisies, comme de le faire s’habiller en uniforme nazi et de marcher au pas de l’oie, sous peine d’être dénoncé. Pour ne pas courir le risque d’en être assassiné, il prétend qu’un de ses camarades a une lettre au cas où il lui arriverait quelque chose, qui contient la dénonciation de Dussander, et qui sera remise à qui de droit. Une période intenable commence, où Todd se fait tortionnaire et oblige Dussander à revenir sur des détails insupportables de son passé… On le plaindrait presque quand on découvre qu’une étrange synergie se fait entre ces deux êtres, entre cauchemars, fascination de la cruauté ; Dussander prend de plus en plus goût à revenir à son passé de monstre, tandis que croît un monstre à ses côtés…
C’est parfois longuet. Le chantage est inutilement étiré sur plusieurs années, avec des péripéties pas vraiment nécessaires à l’économie de l’histoire.
 
Citation :
 
• - En second lieu, je ne crois pas que tu aies une lettre.
Todd s’efforça de rester impassible comme un joueur de poker, mais il avait très peur que ses yeux ne se soient agrandis sous le choc. Dussander l’observait avidement, et le garçon prit soudain conscience de ce que ce vieil homme avait interrogé des centaines, peut-être des milliers de personnes. C’était un expert. Todd avait l’impression que son crâne était en verre et que tout était écrit à l’intérieur en grandes lettres lumineuses.
 
L'Automne de l'innocence : "Le corps"
Un petit groupe de préados de Castle Rock, une toute petite ville des Etats-Unis d’Amérique, entend dire qu’un enfant a été percuté par un train et imaginent se couvrir de gloire en essayant de devancer le groupe de mauvais garçons dirigé par Ace Merrill pour récupérer le corps.
Véritable festival de scatologies et d’obscénités censé être typique, je suppose, chez des enfants de red necks et de familles « compliquées », dans des dialogues sans intérêt dramatique. L’auteur a cru forcer l’admiration du lecteur en complexifiant la trame narrative : il alterne le récit et l’énonciation (c’est Goldie, qui sera un jour écrivain, qui est le narrateur, alter ego de Stephen King). On navigue donc entre cette odyssée enfantine polluée par des discours tautologiquement vulgaires et vides à ronfler d’ennui et l’insertion de deux récits réellement publiés par King à ses débuts. En est-il si fier, pour les recycler ? « Un tas de critiques trouvent que ce que j’écris, c’est de la merde ». C’est dissonant par rapport à l’aventure pourtant épicée du groupe d’enfants, et inutilement crapoteux. Cela pourrait être une brillante immersion dans le milieu qu’il choisit pour ses personnages, mais cela ne m’a pas donné l’impression d’être assez maîtrisé pour cela. J’ai écouté il y a quelques temps un podcast sur la supposée « graphomanie » de King. Si je n’avais lu que Misery ou La Ligne verte, j’aurais haussé les épaules, mais j’ai aussi lu Sac d’os et le premier tome d’Insomnie et j’ai bien été obligée d’opiner parfois. Certains de ses textes ont dû être retravaillés et cornaqués par son éditeur, surtout dans les premiers temps, mais plus le temps passe, moins il doit oser risquer de froisser cet écrivain d’envergure internationale.
Le ton et la cacolalie m’ont d’autant plus désagréablement surprise que j’avais reconnu dès l’élément modificateur le très beau film de Rob Reiner, Stand By Me. Il me paraît évident que ma différence de jugement vient de ce que les scénaristes en avaient expurgé tout ce qui m’a déplu dans la nouvelle. Je n’exclus pas que mon rejet puisse venir de partis pris de traduction qui m’ont fait trouver le propos artificiel, puisque Pierre Alien a sûrement voulu conserver le caractère littéral des innombrables grossièretés du texte, tout comme il a préféré garder l’interjection « hu ? », insolite en français.
 
Un Conte d'hiver : "La méthode respiratoire"
Épuisée par l’effort d’aller au bout du conte précédent, je n’ai pas eu la témérité de m’infliger celui-là, avec tout ce qui me fait envie sur ma pàl.
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J'avoue avoir trouvé agréable de trouver, d'une nouvelle à l'autre, une connivence narrative : des personnages se connaissent ou ont entendu parler de ce qui leur est arrivé. Cela donne une unité au recueil et crée une complicité avec le lecteur.

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