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[La Culture de l'inceste | Iris Brey, Juliet Drouar (dir.)]
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Posté: Lun 02 Fév 2026 14:48
MessageSujet du message: [La Culture de l'inceste | Iris Brey, Juliet Drouar (dir.)]
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« En France, #MeToo ne s'est pas développé autour d'une figure d'homme prédateur qui violait des femmes adultes mais autour du récit de femmes qui ont voulu dire publiquement les violences sexuelles de l'enfance. Le mouvement s'est incarné [d'abord] par le combat de trois femmes, Adèle Haenel, Vanessa Springora et Camille Kouchner, qui ont mené la bataille de l'intime avec leurs propres mots. De leurs témoignages sont sortis une matière littéraire et/ou une matière théorique. » (Iris Brey, « Culture de l'inceste, culture pédocriminelle », p. 10). Rapidement, les chiffrages concernant l'inceste et autres agressions pédocriminelles perpétrées en milieu familial ont été quantifiés à 6,7 millions de victimes en France (cit. p. 17 et passim), nombre exorbitant qui contraint à considérer le phénomène comme un « trauma collectif » et non comme une déviance ou une pathologie individuelle exceptionnelle. À l'instar du viol, la première réaction sociale collective a consisté à discréditer la parole des victimes, souvent à les attaquer en retour. La réaction savante et militante, pour sa part, se penche sur la tentative d'explorer les mécanismes intellectuels et sociaux qui interdisent de penser l'inceste et qui, par une telle invisibilisation du phénomène, permettent la perpétuation d'un régime judiciaire et sociétal d'impunité des agresseurs. Ces mécanismes sont définis par les lexèmes de « culture du viol » d'abord et désormais, par analogie, de « culture de l'inceste ». Parmi les bases théoriques de cette culture, on ne peut que se pencher sur deux monuments de la pensée contemporaine : la théorie de la séduction (dite aussi « théorie du fantasme ») de Freud, qui semble minorer voire décrédibiliser les témoignages cliniques d'agressions incestueuses infantiles de ses patientes au profit de la théorie de l’œdipe, et la théorie de l'interdiction fondamentale et universelle de l'inceste par Claude Lévi-Strauss, reprise dans l'ensemble de l'anthropologie classique et notamment par Maurice Godelier.
Mais cet ouvrage ne se cantonne pas à une déconstruction de ces deux bases théoriques de l'inceste rendu impensable : l'ouvrage collectif s'ouvre par une sorte d'anamnèse du projet d'ouvrage d'Iris Brey initié par un article intitulé « La culture de l'inceste » de Juliet Drouar paru sur le site de Mediapart en décembre 2020, qui se poursuit jusqu'à février 2022 avec les auteur.ices qui se rassemblent autour des deux premier.es et dans la proximité commune à l'objet d'étude, dont Tal Piterbraut-Merx qui met fin à ses jours entre-temps. Les participant.es adoptent des optiques militantes et universitaires diverses mais unies par le postulat que l'inceste est rendu possible par un système de domination, compatible avec le patriarcat sans en être uniquement dérivé, ayant cours au cœur des relations familiales.
La démonstration s'articule ensuite autour de six textes portant chacun la signature d'un.e contributeur.rice et enfin d'une fiction co-écrite.
1. « Une mémoire soumise à la loi du silence... », par Sokhna Fall (cit. 1, 2), m'a paru être une première argumentation fondamentale, du plus grand intérêt, qui explique les mécanismes néuroscientifiques de l'amnésie traumatique et des « conduites dissociantes » des victimes, ainsi que la manière dont ceux-ci perpétuent le système de domination et facilitent le dénigrement des symptômes des victimes.
2. « L'inceste dans les règles du patriarcat » par Juliet Drouar s'attelle à déconstruire tour à tour tous les rôles « naturalisés » de la procréation et de la structure familiale : sont questionnés non seulement les concepts d' 'homme' et de 'femme', mais également ceux de 'parent' et d' 'enfant', en vue de traquer la domination sexiste et âgiste, par le sexe, à l'intérieur de « la 'communauté' nucléaire qu'on appelle 'famille' » (p. 64). Si le but est évidemment de combattre l'inceste, j'ai trouvé la démarche un peu arbitraire et finalement pas du tout probante à cause de l'excès de la négation de tout facteur biologique, y compris la néoténie humaine.
3. « Oreilles cousues et mémoires mutines » par Tal Piterbraut-Merx (cit. 3) insiste également à placer l'inceste comme le produit des rapports de domination entre l'adulte et l'enfant. Posant le doute que la famille soit une institution protectrice de l'enfance, l'auteur.rice s'interroge sur les conditions de possibilité de l'inceste : la famille donc en premier lieu ; le mythe de l'innocence de l'enfance – dont le corollaire est une interrogation éthique posée paradoxalement sur l'enfant plutôt que sur l'adulte ; enfin la phénoménologie de l'oubli de l'enfance, surtout vue sous l'angle de la perpétuation du traumatisme.
4. « Du rôle des 'grands hommes' dans la reconduction des pratiques d'inceste » par Dorothée Dussy (cit. 4, 5), l'autrice du très cité _Le Berceau des dominations_ (2021), se concentre très spécifiquement sur l'analyse des biais théoriques, méthodologiques et sexistes de l'anthropologie classique par rapport à l'inceste. Je conclus avec intérêt et approbation que l'interdiction de l'inceste et le tabou relatif contenus dans la théorie de Lévi-Strauss ont pour objet une notion appliquée aux structures de la parenté conjugale qui ne coïncide guère avec le phénomène du même nom dont il est question dans cet ouvrage : il s'agit d'une norme éthique, non de ses occurrences criminelles empiriquement avérées. Les biais méthodologique et sexiste peuvent et doivent être entendus, mais l'erreur fondamentale, d'après ce que je comprends, consiste plutôt à convoquer cette théorie anthropologique comme argument de crédibilité des témoignages des victimes d'inceste. C'est comme si l'on convoquait la norme édictant le caractère illicite de la guerre en droit international pour nier la réalité des phénomènes guerriers présents ou passés.
5. « L'inceste qui crève les yeux », par Iris Brey (cit. 6), comporte une analyse très détaillée de la représentation de l'inceste dans le cinéma et les séries américains et français. Outre la conclusion sur la carence des représentations du point de vue des victimes, a fortiori comme une expérience de domination, et au contraire sur l'abondance des manières d'érotiser l'inceste, l'intérêt de l'analyse réside dans le côté comparatif et dans les ruptures et continuités rencontrées.
6. Une étude de cas encore plus spécifique est contenue dans « Petite sémiotique de la 'step mom' » par Ovidie (cit. 7, 8), qui se penche sur les productions de l'industrie pornographique, et en particulier sur la représentation de l'inceste mère (ou belle-mère)-fils. Une grande richesse d'informations sur ce milieu assez confidentiel et sa finesse d'analyse habituelle permettent à l'autrice de soulever – sans avoir la prétention de les résoudre – des questions de plus grande envergure notamment sur les rapports entre réalité et représentation.
Clôt l'ouvrage le fruit d'un atelier d'écriture « mené-proposé par Wendy Delorme, intitulé « <Cela> - fiction collective d'Iris Brey, Juliet Drouar, Wendy Delorme, Tal Piterbraut-Merx ». Par-delà l'écriture théâtrale d'un accès un peu ardu par sa forme très elliptique, il est question principalement de la mise en mots de l'expérience de l'inceste par des victimes rassemblées, et l'on notera surtout les longues tirades de l’Épilogue qui se questionnent sur les conditions de possibilité d' « un monde dans lequel <cela> n'aurait jamais pu arriver »... Il s'agit donc là de réflexions à l'horizon lointain d'une utopie réalisée, plutôt que d'une priorisation d'objectifs d'un combat politique actuel ou imminent.



Cit. :


1. « Plus récemment, les découvertes des neurobiologistes ont permis de formaliser la manière dont "le corps marque les coups", notamment parce que l'expérience sensorielle et émotionnelle reste bloquée dans l'amygdale cérébrale, même si la conscience n'en sait plus rien. Lors d'un événement créant un stress extrême – comme une agression incestueuse – des mécanismes biologiques de sauvegarde nous permettent de survivre par une déconnexion entre l'esprit et les éprouvés physiques et émotionnels causés par la violence. Cette dissociation est obtenue par la production par l'organisme d'hormones anesthésiantes qui empêcheront le fonctionnement normal de mémorisation : "l'hippocampe ne peut pas faire son travail d'encodage et de stockage de la mémoire, celle-ci reste dans l'amygdale sans être traitée, ni transformée en mémoire autobiographique. Cette mémoire émotionnelle, <boîte noire des violences> piégée hors du temps et de la conscience est la mémoire traumatique". [Muriel Salmona, 2015]. Des faits graves avérés risquent d'être totalement amnésiés dans 10 à 40% des cas, selon les contextes et les études disponibles. Par ailleurs, les souvenirs traumatiques sont rarement complets. La part cognitive d'un souvenir disponible peut être privée de toute mémoire émotionnelle et sensorielle. […]
Cette mémoire traumatique réduite au silence se manifeste pourtant, parfois bruyamment, comme un ennemi en soi, un "agresseur introjecté" (disait Sandor Ferenczi), un "colonisateur" infiltré. Lors de la constitution de la mémoire traumatique, les propos dégradants, l'excitation perverse, les comportements de l'auteur.trice sont enregistrés au même titre que les autres éléments de l'expérience sans que l'esprit soit en mesure d'identifier ceux-ci comme "ne lui appartenant pas". » (pp. 29-30)

2. « Non seulement l'inceste détruit l'enfance de nombreuses personnes, mais on peut donc affirmer qu'il fait en sorte d'enrôler les victimes pour faire la promotion de sa culture. Les conduites dissociantes – boulimie, anorexie, mises en danger physiques et sexuelles, sexualité violente addictions, etc. - permettent aux survivant.es de ne pas succomber de désespoir (au moins pour une part d'entre eux) tout en protégeant les auteur.trices. Muriel Salmona a décrit comment notre organisme nous permet de survivre à un état de stress traumatique par la production de drogues anesthésiantes "morphine-like" et "ketamine-like". Cette dissociation permet, non seulement de ne plus ressentir la violence et la souffrance infligées, elle peut aussi créer un état pseudo-agréable, au même titre que les drogues exogènes. Sans protection, sans reconnaissance, sans consolation, les victimes n'ont d'autre choix que de chercher à se maintenir dans cet état de conscience modifié par tous les moyens disponibles.
Depuis longtemps, la société participe activement à la détresse des victimes en les dénigrant pour leurs symptômes. Combien de jeunes filles devenues incapables de protéger des regards l'intimité d'un corps qui leur avait été volé depuis la tendre enfance se sont vu ensuite traiter de "traînée", de "dévergondée" et, bien sûr, souvent par ceux-là mêmes qui les avaient maltraitées ? Mais aujourd'hui, la culture de l'inceste me semble avoir trouvé un moyen plus insidieux pour se maintenir, et peut-être se développer. En pervertissant la notion de liberté – au bénéfice évident de la "liberté d'entreprendre" puisque tout cela rapporte beaucoup d'argent –, notre culture prétend que la Liberté, c'est aussi celle de (se) faire mal, de (se faire) ligoter, de (se faire) frapper, de (se) faire peur, de (se) mettre en danger, d'exposer son intimité, de (se) torturer, de (se) détruire par l'alcool ou les drogues... "entre adultes consentants". Cette promotion, cette valorisation des conduites dissociantes fait mine d'ignorer les souffrances auxquelles elles sont associées et oublie volontiers les rapports de force entre les protagonistes. » (pp. 35-37)

3. « Comment comprendre alors les occurrences multiples de l'inceste au sein des familles ? Plusieurs penseuses féministes états-uniennes ont cherché dans les années 1970-1980 à interpréter l'inceste comme une émanation du pouvoir patriarcal ; […] Le fait que les petits garçons tiennent, dans le rang des victimes, compagnie aux petites filles, et cela de façon non négligeable, oblige toutefois à moduler ce jugement. Il ne saurait s'agir seulement de patriarcat, bien que ce rapport joue un rôle important dans l'exercice de ces violences.
Si l'on appréhende les rapports adulte-enfant comme des rapports de pouvoir, à l'instar des relations de genre, de classe et de race, alors que fait l'inceste à ce rapport ? Dorothée Dussy analyse l'inceste, dans l'ouvrage _Le Berceau des dominations_, comme un apprentissage érotisé de la domination : la répétition des agressions sexuelles et viols vise à faire intégrer à l'enfant la structure du monde social, dont la clé de voûte sont les rapports de pouvoir. Si l'on suit cette analyse, alors on pourrait affirmer de manière provocante que les manifestations de l'inceste au sein des familles ne contreviennent pas à leur mission éducatrice. Il s'agit bien d'éduquer, mais d'éduquer à se taire, à plier sous le joug de l'ordre social. Apprendre à se soumettre. » (pp. 76-77)

4. « Après des dizaines de milliers de témoignages dévoilés, publiés, postés, racontés, pleurés via le #MeTooInceste, après des travaux variés et connus en anthropologie qui orientent vers une compréhension de l'inceste articulé aux rapports de domination dans la famille, on voit bien que la posture qui consiste à ne jamais évoquer la contrainte quand on parle d'inceste procède d'un parti pris. […]
En continuant d'asséner que l'inceste est un interdit fondamental et qu'il se caractérise exclusivement par des questions liées au choix du conjoint, l'anthropologie classique fait silence sur les viols, silence sur la banalité de la pratique de l'inceste. L'anthropologie classique contribue à maintenir l'inceste dans un espace intellectuel où il reste impensé. […] Dans ce déni activement maintenu, l'anthropologie classique s'affilie à l'équipe de la culture du viol qui partage le même attachement pour le déni des violences sexuelles. L'anthropologie classique affiche dans le même temps son désintérêt pour un effort supplémentaire qui permettrait de comprendre pourquoi il y a tant d'incestes. » (pp. 98-99)

5. « […] Lorsque les anthropologues de la génération de nos pères et de nos grands-pères sont sur leur terrain pour enquêter, ils ne s'adressent ou ne s'intéressent ni aux femmes ni aux enfants, et publient au retour dans leur bureau des textes qui sont une chambre d'écho aux discours des patriarches locaux. Leur interlocuteur principal est un homme, généralement un homme vieux, puissant dans son village, son ethnie ou sa région, et cet homme ne s'intéresse pas non plus au sort réservé aux femmes aux enfants, aux cadet.tes, aux sans-pouvoir. Comme les anthropologues qui les interrogent, ces hommes racontent ce qui doit être fait dans leur société, ce qui est important pour eux-mêmes, et violer ses enfants ou savoir qu'un frère ou un oncle a violé les siens n'entre pas dans cette catégorie. Ils font l'impasse sur l'effort de réflexivité qui est demandé à tout.e autre chercheur.euse et qui permet justement d'indiquer aux lecteur.ices la part de subjectivité inhérente à l'enquête. » (p. 104)

6. « Je soutiendrai que le cinéma a joué une place prépondérante dans l'élaboration d'une culture de l'inceste où l'inceste n'est pas présenté comme un acte de domination ni comme un crime, mais banalisé sous la forme d'une relation de domination érotisée.
Le manque de récits du point de vue de la victime (homme ou femme) et la fabrication de la figure de Lolita ont fait basculer notre culture dans un monde où l'inceste non seulement n'est pas tabou, mais où la responsabilité de l'inceste entre la figure paternelle et la victime féminine est placée sur la petite fille "séductrice" ; et celui entre un garçon et sa mère est représenté comme une étape constructive de sa virilité. […]
Nous verrons dans un premier temps comment la sur-représentation d'incestes adelphiques a brouillé la notion du consentement, puis nous analyserons comment le mythe d'Œdipe trouve sa résurgence dans les récits d'inceste mère-fils, avant de nous tourner vers la représentations de l'inceste père-fille dans le cinéma américain et français. » (p. 112)

7. « La sexualisation de figures parentales dans le langage courant [de la pornographie] ne semble choquer personne. Au contraire, elle instaure progressivement l'idée d'un inceste "cool". Ce qui permet par exemple à Pornhub en mai 2016 de publier un communiqué célébrant la "Happy Milf's Day" et révélant que le tag "mom" connaîtrait une augmentation de + 190% à l'occasion de chaque fête des Mères. "Mom" serait le deuxième tag le plus cherché au monde, suivi d'une farandole de "step dad", "siblings" et autres combinaisons familiales. Coucher avec sa mère ou sa belle-mère (ou regarder sa femme coucher avec son propre fils, quand on se place du point de vue du spectateur plus âgé) devient un fantasme banal, totalement intégré dans la culture populaire.
[…]
Cette absence de violence représentée joue sur l'illusion d'un possible "inceste heureux", une relation sexuelle consentie avec sa mère ou sa belle-mère. […] Ce qui différencie la culture de l'inceste de la culture de la pédocriminalité dans l'industrie pornographique, c'est finalement la mise en scène du consentement. Si la figure de la "step mom" joue sur la transgression du tabou de l'inceste, elle ne franchit en revanche pas la ligne rouge du viol. Ici, c'est l'interdit de l'inceste qui est à l’œuvre, pas la mise en scène du non-consentement. » (pp. 153-157)

8. « […] On peut également se demander si cette histoire de femmes qui consomment en masse des vidéos mettant en scène l'inceste ne serait pas une gigantesque légende urbaine construite de toutes pièces par les plateformes. Car lorsqu'on recherche des datas en matière de consommation dite "féminine", y compris certaines que nous avons citées dans ce texte, tous les chemins mènent à... Pornhub. Ou YouPorn, ce qui est bien pareil. C'est Pornhub qui, dès le début des années 2010, entretient l'idée que les femmes consommeraient exactement le même porno que les hommes ci-hétérosexuels. […] Les statistiques, du bon vieux temps de la VHS à nos jours, ont toujours été les mêmes : 30% des spectateurs sont en réalité des spectatrices. […] Avec à chaque fois cette fausse "surpise" consistant à dire que les femmes n'ont que faire d'un porno plus éthique et plus égalitaire et qu'elles regardent aussi du porno stéréotypé. Une stratégie futée visant à rendre acceptable et "pop" ce qui ne l'est pas. Pourquoi supprimer cette vidéo puisque même les femmes, ces garantes de la morale, aiment ça ?
[…] Ce qui pose d'une part la question de ce que le discours pornographique fait au réel. Et, d'autre part, soulève un vieux débat inhérent au mouvement dit "femporn" : les réalisatrices féministes doivent-elles privilégier les conditions de tournage (et, dans ce cas, rien n'indique que les tournages de Jacky St James ne se passent pas bien!) ? Ou doivent-elles se focaliser sur les questions de représentations afin de proposer des contre-images ? Ce que nous voyons à l'écran est-il une reproduction de clichés ? Ou bien est-ce un moyen de les déconstruire ? CE qui nous amène encore à un autre vieux débat autour de ce qui est représentable ou non à l'écran. Un film peut-il être incitatif ? Et avec toujours cet éternel dilemme : est-ce que ce qu'on voit à l'écran est violent et sexiste parce que notre culture est sexiste ? Ou est-ce la production audiovisuelle qui nous amène à le devenir ? » (pp. 161-162)

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