De la poudre aux yeux.
En 1660, dans la forêt équatoriale du Yucatan qui a enseveli les antiques cités mayas après que les conquistadores eurent anéanti les aborigènes il y a plus d’un siècle, le chevalier Bois-Maury accompagne une expédition espagnole dans la dangereuse sylve. Les Indiens prennent les Blancs en chasse. Les morts s’amassent de part et d’autre. Bois-Maury capture un Indios aux yeux bleus qui parle la langue des Blancs. Il souhaite le convertir en guide pour, aux yeux des Espagnols, sortir de l’enfer vert, aux siens aborder la cité perdue sertie d’or et de joyaux.
Etonnant album qui se passe souvent de dialogues et laisse place au dessin noyé dans la couleur directe. L’atmosphère s’avère captivante même si souvent le bât blesse quant au rendu des visages. Les ambiances crépusculaires sont particulièrement réussies. Certaines images soignées montrent tout le talent souvent escamoté du dessinateur belge. La couverture, d’une rare laideur, ne rend pas hommage à l’affiche du film « La forêt d’émeraude » (1985) de John Boorman dont elle s’inspire. On retrouve aussi dans l’album toute la misanthropie de l’auteur à travers les comportements des personnages, soldatesque, missionnaire, Indiens : aucun ne tire son épingle du jeu à commencer par Bois Maury, manipulateur obnubilé par la découverte de la cité d’or. Le soleil couchant éteignant les éclats de la cité est une conclusion forte à l’instar de la poudre d’or jeté au vent du désert par des bandits ignares dans « Le trésor de la Sierra Madre » (1927), le fameux roman de Bernard Traven.
----
[Recherchez la page de l'auteur de ce livre sur
Wikipedia]
Afficher toutes les notes de lectures pour ce livre