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[Les christianismes disparus | Bart Ehrman]
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Laudateur



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Posté: Jeu 12 Jan 2017 8:45
MessageSujet du message: [Les christianismes disparus | Bart Ehrman]
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Livre très pédagogique, qui explique comment, à partir d'exemples concrets d'écrits apocryphes chrétiens, le christianisme primitif était diversifié, et comment une orthodoxie s'est peu à peu constituée, éliminant ces diversités originelles. Mais cette élimination a eu pour effet d'apporter de nouvelles croyances. Très instructif, très bien écrit avec quelques répétitions peut-être énervantes, mais utiles.

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[Recherchez la page de l'auteur de ce livre sur Wikipedia]
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Swann




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Posté: Dim 15 Jan 2017 14:30
MessageSujet du message:
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C'est toujours bouleversant à découvrir, ces ramifications et constructions, quand on s'est toujours imaginé que la foi transmise au caté est exactement celle qui a été professée par les apôtres historiques.
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Laudateur



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Posté: Ven 24 Fév 2017 7:39
MessageSujet du message:
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Oui! Enfin le "bouleversement" n'a pas eu lieu chez moi (parce que mon parcours fait que ça ne me fait plus rien : la foi qui m'habite ne tient pas à si peu de choses aujourd'hui. Je sais que si de telles choses m'avaient été accessibles quelques années auparavant je n'aurai pas pu les accepter, mais aujourd'hui ça m'excite).

De ce que je perçois, il y a deux sortes de catés :
- le caté traditionnel, capable de se mettre à jour (plus ou moins rapidement) parce qu'il cherche à prendre en compte l'étendue des recherches
- le caté conservateur, qui véhicule une image fausse et très idéologique (et idéalisée) de l'histoire

Et il existe actuellement un caté qui se trouve un peu en marge, dont le but n'est pas de transmettre la foi, mais d'expliquer la foi. Non pas pour que les jeunes croient, mais pour qu'ils comprennent le milieu dans lequel ils vivent, et pour qu'ils fassent leurs choix de manière éclairée. Un caté qui est une discussion à partir des questionnements des jeunes, plutôt qu'un caté qui leur dise quoi penser. Un caté qui aide à prendre conscience de la responsabilité du lecteur. Mais y'a encore du chemin pour en arriver là (c'est en cours de téléchargement Wink et c'est, tu l'auras compris, le caté que je cherche à pratiquer).

Ceci étant dit, en dehors de la question du caté, cette compréhension du rôle du lecteur est fondamentale (aie, vilain mot) à mon avis. Il ne s'agit pas pour le lecteur d'obéir à une parole qui n'a pas de sens pour lui. Il s'agit pour le lecteur de s'approprier le texte pur qu'il fasse sens, et de mettre en oeuvre ce que le texte fait en lui. D'être responsable de sa lecture. Et pas de se cacher derrière son petit doigt en disant : "je ne voulais pas, mais puisque c'est écrit"...
Et un bouquin comme celui de Bart Ehrman peut - pour qui veut entendre l'histoire de l'écriture des Ecritures - amener à une telle prise de conscience de notre responsabilité de lecteurs. C'est en tout cas ce qu'il me semble.
_________________
Laudateur

"Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument."
(Lord Acton.)
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Auteur    Message
Swann




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Posté: Ven 24 Fév 2017 9:57
MessageSujet du message:
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« Laudateur » a écrit:
Ceci étant dit, en dehors de la question du caté, cette compréhension du rôle du lecteur est fondamentale (aie, vilain mot) à mon avis. Il ne s'agit pas pour le lecteur d'obéir à une parole qui n'a pas de sens pour lui. Il s'agit pour le lecteur de s'approprier le texte pur qu'il fasse sens, et de mettre en oeuvre ce que le texte fait en lui. D'être responsable de sa lecture. Et pas de se cacher derrière son petit doigt en disant : "je ne voulais pas, mais puisque c'est écrit"...

J'ai fréquenté des Assemblées de Frères dans une autre vie et il était hors de question de contextualiser les textes, ni de "faire son petit marché" dans ce qui nous plaît ou ne nous plaît pas.
Comment concilier la sacralisation du texte (un couple de parents vient d'être incarcéré pour avoir battu leurs enfants, comme le préconise la Bible, à la manière de Dieu) et le libre-arbitre ?
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Laudateur



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Posté: Sam 11 Mar 2017 13:10
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Ce que tu pointes du doigt est tout le problèmes des fondamentalismes. Je viens moi aussi de tels milieux. Mais le fait justement de se rendre compte que la Bible elle-même (ainsi que tous les textes dits "sacrés") comportent en eux-mêmes une tension (certains diront une dialectique, ou des contradictions) devrait nous faire réfléchir. Ainsi par exemple, Abraham est présenté par certains textes comme étant intransigeant et raide face aux idolâtres, et par d'autres textes ont pourrait le voir très inclusif (à dire que les divinités que les autres peuples adorent n'est en fait qu'une des manières d'adorer YHWH). Cette diversité théologiques est inscrite dans la bible, comme si cette diversité faisait la communauté. Comme si les rédacteurs nous disaient : "vous êtes différents, vous n'avez pas les même opinions politiques ou théologiques, mais vous formez quand-même une seule communauté : ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise".
Le souci, c'est que pour VOIR que les textes contiennent cette diversité, il faut accepter de tuer certaines idéologies enfermantes (pour, il est vrai, adopter une idéologie ouvrante). Dans tous les cas, il n'y a aucune preuve de rien, il n'y a aucun moyen (à mon sens) de démontrer que l'autre est dans l'erreur, car dès que l'on se prétend dans la vérité on en est déjà sorti!
Je crois que c'est ma lecture des textes qui définit le lecteur que je suis. Quand je lis Proverbes 13.24 « Qui épargne le bâton n'aime pas son fils, mais qui l'aime se hâte de le châtier. » je me trouve devant un choix cornélien. Soit je considère que je dois appliquer ce texte à la lettre, soit je cherche à réfléchir au sens de cette parole et à l'adapter à la situation que je vis. Il est clair - comme pour ce qui est, en passant, la place de la femme - que ces écrits ont été commis dans des sociétés qui possédaient des caractéristiques qui s'accommodent mal avec ce qu'est devenue notre société. Et - oserai-je dire - heureusement! Bien souvent (et les gens le voient peu) la Bible agit comme une critique sévère de ces sociétés basées sur la domination. Elle adresse souvent (mais pas toujours, les rédacteurs étant divers) un énorme reproche à ces cultures. Cultures qui ont réussi à subvertir ce message (cf. la subversion du christianisme, de J. Ellul, par exemple).
En tant que lecteur, je mets forcément ce verset en concurrence avec d'autres passages, par exemple : Colossiens 3.21 : « Pères, n'exaspérez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. » ou Éphésiens 6.4 : « Et vous, pères, n'irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. » ou encore « Celui qui accueille en mon nom un de ces petits enfants, c'est moi qu'il accueille » (Mc 9,37). Bref, je ne tiens pas à faire une explication de texte, mais disons qu'en tant que lecteur, une recherche honnête est engagée. Enfin, si je considère que Dieu est bienveillant, je vois mal comment je peux - sous prétexte d'obéissance - faire volontairement du mal à des enfants.
Pour finir, je reconnais cependant que cette démarche personnelle peut prendre du temps, et que les enseignant.e.s sont responsables d'une vision tordue (c'est-à-dire non-contextualisée) des textes. Et comme tu le soulignes si bien, le problème se situe sans doute dans la "sacralisation du texte".
Ce livre d'Ehrman (je viens de m'acheter son dernier livre traduit : "Jésus avant les évangiles - comment les premiers chrétiens se sont rappelé, ont transformé et inventé les histoires du Sauveur) poursuit un but clairement identifié : à la suite de nombreux protestants dans l'histoire, il s'agit de désacraliser la Bible. C'est indispensable. Il faut juste veiller à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain Wink
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Swann




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Posté: Sam 11 Mar 2017 16:23
MessageSujet du message:
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Je te remercie d'avoir pris la peine de rédiger cette longue réponse, vraiment intéressante !
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