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[La commissaire n'a point l'esprit club | Georges Flipo]
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Franz



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Posté: Ven 01 Avr 2011 8:57
MessageSujet du message: [La commissaire n'a point l'esprit club | Georges Flipo]
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Dire que l’on s’amuse à la lecture des aventures de la commissaire Viviane Lancier est un euphémisme. Si le mot n’était tant galvaudé aujourd’hui, on pourrait dire sans ambages que l’on jubile et cela, dès la première phrase : « Attendez, brigadier, vous êtes en train de me dire que vous avez tous passé la soirée du 14 Juillet à danser autour du cadavre pendu, en tapant dessus à coups de bâton ? – Oui, mais c’était juste pour se marrer, on ne pensait pas à mal. » Dit comme ça, on est dans le grand guignol mais, en substance, c’est la vérité brute résumée dans les bureaux de la police judiciaire à Paris. Le brigadier Vermeulen de Tourcoing était parti en touriste dans un club de vacances sur l’île de Rhodes et la mise à mort du directeur du village-club ne devait être qu’un spectacle. La réalité a dépassé la friction. Salomon, appelé encore King, en toute modestie, était déjà mort avant la bastonnade. Derrière le meurtre du chef de village se profile la sordide magouille d’une opération immobilière juteuse. Le terrain loué à l’Esprit Club pour un bail courant jusqu’à 2079 pourrait être récupéré par le propriétaire désireux de faire bâtir une ville nouvelle dans le site enchanteur de Lindos la Blanche car le « bail comporte une clause de rupture en cas de trouble à l’ordre public ». Viviane est dépêchée à Rhodes afin d’enquêter discrètement sur le meurtre commis. Elle s’imagine déjà en compagnie de son lieutenant chéri Augustin Monot sur lequel elle fantasme beaucoup trop mais elle hérite d’un bellâtre, le lieutenant Willy Cruyff, sportif de haut niveau dans la police. Déçue et désarçonnée, la commissaire va tenter de reprendre le contrôle de la situation. Il va surtout s’agir à ne pas se disperser car au village-club, les morts collatérales commencent à s’empiler : une touriste décédée d’une overdose près de la piscine, le gardien turc la nuque tranchée à coup de hache. Comme le résume Viviane à Willy : « Nous ne sommes pas les forces du bien contre les forces du mal… Nous sommes des oiseaux de proie qui cherchons un animal dans le paysage. Il faut ignorer le paysage si l’on veut trouver l’animal. » Le cadre a beau être idyllique, le paysage enchanteur, les bassesses humaines, les petites combines n’en prennent que plus de démesure. Sous l’apparente jovialité, l’exploitation des uns par les autres va bon train. Chacun a son étiquette, son sobriquet. Il y a les cocos (les animateurs) et les kikis (les animatrices), les chéris (les vacanciers), les Hétoilà (les stagiaires). Afin de distinguer certains cocos et kikis, le King, qui s’emberlificotait dans les prénoms, ajoutait la fonction abrégée. Cela donne : Coco L’Anime, responsable des animations, Coco Clown, des sketches, Kiki Piqûre, l’infirmière, Coco Picole, le barman, Kiki Muscule, la gym, Coco Vent-Debout, moniteur de voile, Kiki Plouf, la piscine et Coco Cuistot. La dépersonnalisation de tout un chacun n’empêche pas les trafics souterrains. Les cocos et les kikis arrondissent tous leurs fins de mois avec des pratiques illégales. Dans ce capharnaüm humain, Viviane va devoir se faire violence d’autant que la beauté, la sensualité et l’innocence de son lieutenant l’attirent malgré elle. Si elle n’a pas l’esprit club, l’atmosphère du club de vacances commence à déteindre sur elle.
Il est assez rare de trouver un roman policier à énigme qui évolue dans le monde fermé d’un village de vacances. Les travers des vacanciers y sont dénoncés avec légèreté, au détour d’une phrase, l’air de rien. Les magouilles des encadrants apparaissent en pointillé et sont exposées pour la plupart presque naturellement. Le sordide réside dans le non-dit, dans le cloaque méphitique où les aigreurs et les ressentiments fermentent. Chacun est prêt à tout pour satisfaire ses désirs et les faims de moi peuvent être cannibales. Au demeurant, le lecteur découvre une commissaire futée, fragile qui doute mais qui avance en dépit des rebuffades, qu’elles viennent de son supérieur, le Tout-Puissant, de son lieutenant Monot ou du lieutenant Cruyff, fort attachant au demeurant. L’enquête est idéalement entrecoupée d’extraits d’Alcools, d’Apollinaire, des bons vers pour aider à tenir la route.

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