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Les notes de lectures recherchées

13 livres correspondent à cette oeuvre.

Il y a actuellement 6 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).

Notation moyenne de ce livre : (7 livres correspondant à cette oeuvre ont été notés)

Mots-clés associés à cette oeuvre : africain, afrique, agriculture, autobiographie, cafe, chasse, colon, ferme, indigene, kenya, kikuyus, litterature danoise, masais, nairobi, ndong, plantation, portrait, roman classique, safari, secheresse

[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
andras



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 20 Sep 2005
Messages: 1797
Localisation: Ste Foy les Lyon (69) -- France

Posté: Mar 22 Aoû 2017 12:34
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 1 >>

Quand on entame aujourd'hui la lecture de ce best-seller, on a tous en tête le film de Sydney Pollack "Out of Africa" avec Meryl Streep et Robert Redford dans les rôles de Karen Blixen et de Denys Finch Hatton, respectivement. On s'aperçoit rapidement que la construction du livre s'éloigne sensiblement de celle du livre. Ainsi, la relation entre Karen et Denys qui est au centre du film, n'occupe qu'une toute petite partie du livre. La construction du livre peut surprendre car, si l'on met à part la dernière partie, intitulée "Adieux", qui elle, suit à peu près l'ordre chronologique jusqu'au jour où Karen quitte définitivement sa ferme et l'Afrique, tout le reste (c'est-à-dire plus des cinq sixièmes du livre) se dispense d'ordre chronologique : Karen Blixen laisse libre court, en ordre dispersé, à ses souvenirs et aux impressions qu'elle a gardés de son séjour de 17 ans au Kenya (arrivée en janvier 1914, elle quittera définitivement sa ferme en juillet 1931), seule à la tête d'une ferme sur laquelle vivent des dizaines de noirs (majoritairement de l'ethnie Kikuyus) avec leurs famille, tout près des ombrageux Masaï, et encadrés par les fiers Somalis, de religion musulmane. A part certains épisodes qui se déroulent "pendant la guerre", il est difficile de trouver quelques éléments qui permettrait de dater ou seulement d'ordonner les événements qu'elle décrit. Son mari, le baron Bror von Blixen-Finecke, qu'elle a épousé le jour où elle a posé le pied en Afrique et dont elle divorcera onze ans plus tard en 1925, est complètement absent de ce livre. On ne saura rien non plus de la façon dont s'est nouée sa relation avec Denys, ni de la nature exacte de cette relation. Le livre les décrit comme amis très proches mais jamais explicitement comme amants. En revanche le livre est plus prolixe au sujet de ses relations, de ses sentiments avec l'Afrique et les africains. Le livre fourmille de détails sur la cohabitation entre elle et ses fermiers ou serviteurs noirs, sur la découverte que l'une fait du mode de vie des autres et réciproquement.

Là est le véritable intérêt du livre à mes yeux : si Karen Blixen nous montre son étonnement devant certaines coutumes, certains partis-pris des africains, elle n'oublie jamais que les africains sont eux aussi interloqués par certains de ses comportements et jamais (ou du moins très rarement) elle ne place ses conceptions comme supérieures à celles de ses fermiers ou de ses serviteurs africains. Elle pense qu'elle peut apprendre d'eux comme eux peuvent apprendre d'elle. Elle sera visiblement très respectée, voire adorée par eux et son départ sera un déchirement pour elle et pour eux. Le récit de ce départ et du terrible accident qui l'a précédé sont des pages particulièrement émouvantes.

Ce fut pour moi une lecture très attachante, à la fois pour tout ce qu'elle raconte de l'Afrique et de la colonisation et pour tout ce que son auteur a tu, par pudeur et aussi pour garder la tête haute face à l'adversité. C'est une œuvre magnifique d'une femme courageuse, résiliente et profondément humaine.
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[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
Swann



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 19 Juin 2006
Messages: 2422

Posté: Jeu 10 Sep 2009 17:01
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 0 >>

Karen Blixen revient sur les années qu'elle a passées au Kenya, sur une plantation de café mal placée géographiquement autour de la 1ère guerre mondiale.
Certains passages sont d'une poésie débordante d'amour pour la terre elle-même, et le contact privilégié vécu avec la nature et les gens du pays, qu'elle ne sépare pas, contrairement aux traités beaufs qui fleurissent en anglais ici ou là et qu'on pourrait résumer par "la France serait belle s'il n'y avait pas les Français".
On trouvera, si on le cherche à la trace, un peu de paternalisme (ici : maternalisme) ou quelques locutions désormais connotées : "indigènes", "nègres", etc qu'il serait mal venu de modifier du texte original sous prétexte que l'auteur n'est clairement pas raciste. De même, les safaris et sa chasse adorée ont des petits côtés "Tintin au Congo", mais WWF n'a pas encore mis le holà.
Mais cette concession à une époque ne m'empêche pas de percevoir le grand respect de Blixen pour "ses" Kikuyus, les Masais, les Somalis, etc., bien plus surprenant et précurseur. Jamais elle ne regarde de son haut les coutumes à côté desquelles elle vit, elle exprime parfois combien elles peuvent l'agacer, mais elle admet leur légitimité ou leur droit à être ; elle souligne combien ses propres coutumes et habitudes peuvent indisposer les Africains, symétriquement. De même, l'Européenne pudique qu'elle est (n'attendez pas la lecture croustillante de ses rapports avec son mari ou avec Denys Finch-Hatton que nous a jeté en pâture le film) ne se permet aucune réflexion outragée sur la nudité d'usage à telle ou telle occasion.
Les portraits et les petites anecdotes sont d'intérêt inégal selon moi, j'ai lu de nombreuses pages assez distraitement, voire en diagonale, c'est pourquoi je n'ai pas mis une note extrêmement élevée.
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[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
maroni



Sexe: Sexe: Masculin
Inscrit le: 02 Jan 2009
Messages: 911
Localisation: Paris

Posté: Ven 08 Mai 2009 18:55
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 0 >>

La Ferme africaine, c'est celle que possédait Karen Blixen quand elle a vécu au Kénya. Ce livre est une chronique de sa vie au quotidien à la ferme, une série descriptive sur l'Afrique en majesté (faune et flore) et les Africains dont elle rend compte de façon très vivante. Les anecdotes abondent, les sujets sont variés.
Inutile de dire l'amour que Karen Blixen a pour l'Afrique, pour ses animaux, sa ferme et ses employés ! Ce livre est aussi l'expression plus ou moins allusive de son amour pour le bel Anglais qui est joué par Robert Redford dans le film éponyme au sept Oscars.
C'est un livre magnifique écrit par une femme exceptionelle.
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[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
Kanapoutz



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 20 Avr 2006
Messages: 94
Localisation: Nice

Posté: Lun 13 Avr 2009 10:05
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 0 >>

Je n'ai qu'une seule chose à dire : c'était chiant!
Longuet, aucun fil conducteur... ok l'ambiance africaine est sympa à découvrir mais je me suis vraiment ennuyée. Il n'y a que la dernière partie que j'ai appréciée, "les adieux à la ferme". Elle se casse? Tant mieux! Non j'exagère un peu, j'étais un peu désolée pour elle quand même.
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[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
Max




Inscrit le: 10 Aoû 2006
Messages: 403

Posté: Dim 22 Juin 2008 21:34
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 0 >>

«J'ai possédé une ferme en Afrique, au pied du Ngong.»

Voici donc le livre qui a inspiré à Sydney Pollack son superbe film Out of Africa. Mais l'adaptation cinématographique a totalement faussé les perspectives dans lesquelles la danoise Karen Blixen rédigea en 1937 son récit autobiographique. L'histoire est pourtant bien la même : Karen évoque les dix-sept années qu'elle passa au Kenya, entre 1914 et 1931, dans sa ferme de culture du café. Mais, contrairement à ce que laisse supposer le film, le plus grand amour de Karen n'est pas Denys Finch Hatton, le chasseur, évoqué de façon très allusive dans le livre. Non, son grand et véritable amour, c'est l'Afrique. Le coeur de Karen bat pour les splendeurs ocres du continent africain et la noblesse de ses habitants. Pour preuve, les denses descriptions et la prose poétique de ces curieuses "notes d'une émigrante". Car il ne s'agit pas d'un roman mais plutôt d'une sorte de carnet d'impressions et de souvenirs, divisé en courts chapitres (le tout paraît parfois un peu décousus d'ailleurs) qui nous plongent profondément dans l'âme africaine. Tout en dévidant ses souvenirs, Karen Blixen est parvenue à dépasser l'anecdote pour consigner bien plus qu'un simple témoignage ; un véritable travail d'ethnographe. Il y a l'exotisme de l'immense plantation, la vie sauvage au pied des montagnes, les safaris, les sortilèges de la brousse, les rituels ancestraux, la magie silencieuse du monde animal et, surtout, toutes ces pages où la danoise hypercultivée dévoile les secrets de l'âme noire. Karen dépeint sa vie au Kenya et met en avant sa découverte de la véritable nature, celle des lieux comme celle des hommes.

À la lecture de La ferme africaine, on est frappé par la retenue de Karen Blixen qui réussit le tour de force d'évoquer son expérience, ses réflexions, ses sentiments, sans se placer au centre du texte. Karen Blixen est la voix (authentique, sensible, et personnelle) qui révèle l'Afrique. Ce livre n'en reste pas moins pour autant un merveilleux portrait de femme. Une femme libre, forte, indépendante, cultivée, ouverte, tolérante, passionnée, terriblement moderne. Une femme au regard à la fois aigu et sensible, à l'écriture élégante et au style poétique, qui nous livre une lente, mélodieuse et magnifique mélopée dédiée à l'Afrique. Un hymne nostalgique à un bonheur perdu : «Lorsque mon cœur évoque l’Afrique je revois les girafes au clair de lune, les champs labourés, les faces luisantes de sueur pendant la cueillette du café. L’Afrique se souvient-elle encore de moi ? Est-ce que l’air vibre sur la plaine en reflétant une couleur que je portais ? Mon nom intervient-il encore dans les jeux des enfants ? La pleine lune jette-t-elle sur le gravier de l’allée une ombre qui ressemble à la mienne ? Les aigles du Ngong me cherchent-ils parfois ?»


le cri du lézard
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[La ferme africaine | Karen Blixen]
Auteur    Message
sentinelle



Sexe: Sexe: Féminin
Inscrit le: 26 Juin 2007
Messages: 228
Localisation: Bruxelles

Posté: Mer 11 Juil 2007 18:01
MessageSujet du message: [La ferme africaine | Karen Blixen]
Commentaires : 9 >>

Le film "Out of Africa" de Sydney Pollack est l'adaptation cinématographique de "La ferme africaine".
Il s'agit du recueil de plusieurs nouvelles puisant dans les souvenirs de K. Blixen, qui vécut au Kenya de 1914 à 1931.

Je fus assez surprise au début de ma lecture, car je n'ai pas trouvé d'emblée de correspondance entre le film et le livre.
Le film met avant tout l'accent sur le romanesque et la relation qui lie la baronne, délaissée par son mari dans une ferme de culture de café au Kenya, à son amant.

Quant au livre de K. Blixen, il parle avant tout de son amour pour l'Afrique. Et elle en parle divinement bien…
Moi qui suis plutôt une amoureuse de la brume, des forêts ténébreuses, de la lande et des clair-obscur du ciel se reflétant sur les lochs, elle a su me murmurer à l'oreille avec poésie et délicatesse son Afrique à elle.
Le vocabulaire usité est lié à son époque et sa culture, aussi utilise-t-elle des termes qui nous paraissent inconvenants aujourd'hui.
Mais que de respect et d'amour derrière ses mots ! Elle a su toucher du doigt l'essence et la magie africaine et nous le transmettre avec talent.

Quelques extraits :

"Au cours de mes safaris j'ai vu un troupeau de buffles de cent vingt-deux bêtes surgir du brouillard matinal sur un horizon cuivré comme si ces bêtes massives et grises, aux cornes horizontales et compliquées, étaient sorties du néant dans le but désintéressé d'enchanter mes yeux. J'ai vu toute une troupe d'éléphants en marche dans la forêt vierge, une forêt si épaisse, qu'il ne filtrait que des éclaboussures de lumière."

"La découverte de l'âme noire fut pour moi un évènement, quelque chose comme la découverte de l'Amérique pour Christophe Colomb, tout l'horizon de ma vie s'en est trouvé élargi."
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