12 livres correspondent à cette oeuvre.
Il y a actuellement 4 notes de lecture correspondant à cette oeuvre (voir ci-dessous).
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[Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel] |
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Message |
parsifal
Sexe:  Inscrit le: 16 Sep 2007 Messages: 59 Localisation: Belgique
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Posté: Lun 12 Mai 2008 14:46
Sujet du message: [Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel]
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L’histoire se passe dans un petit village isolé de tout où Brodeck, échappé miraculé des camps de la mort tente tant bien que mal d’y reconstruire sa vie.
Mais, un soir d’automne un groupe de villageois le charge d’une mission singulière : rédiger un rapport particulier sur une mise à mort collective qu’ils ont commise sur une personne mystérieuse et étrangère au village, l’Anderer (« l’Autre »).
Citation:
[4 ème de couverture] « Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache.
Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.
Mais les autres m’ont forcé : ‘Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études.’ J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études ……Ils n’ont rien voulu savoir : ‘….Ca suffira. Nous on ne sait pas faire cela. On s’embrouillerait, mais toi, tu diras, et alors ils te croiront. … ».
De pair à la rédaction de ce rapport, Brodeck va insensiblement revenir sur son histoire personnelle, hantée par les ombres de la guerre et ses exactions.
Ces deux histoires finissent quelque part par se rejoindre. Brodeck dut sa survivance au bannissement le plus complet de toute dignité humaine, « l’Autre » sa mort est due à la
révélation de la noirceur de l’âme humaine, la vérité cachée et honteuse fuie du village.
L’un comme l’autre ont été le jouet de multitude fanatique, l’une servant de prélude au déchaînement de la barbarie (la seconde guerre mondiale, même si rien ne le précise), l’autre, à une échelle plus réduite poussant au comportement aveugle de villageois assassins.
Cette destruction signe l’inévitable défaite de l’individu contre la foule, cet esprit grégaire génératrice de toutes les folies de l’histoire, annihilant les raisons individuelles, alimentant les peurs ancestrales.
L’auteur utilise pour faire passer son histoire des mots simples et limpides, parfois même de la poésie dans un contexte où l’horreur est omniprésente.
Une lecture bouleversante, émouvante et qui nous pousse à réfléchir.
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[Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel] |
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Message |
Mariecesttout
Sexe:  Inscrit le: 18 Aoû 2007 Messages: 105 Localisation: Papeete
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Posté: Sam 22 Déc 2007 0:04
Sujet du message: [Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel]
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C'est bien difficile d'écrire quelque chose après tout ce qui a déjà été dit au sujet de ce roman de Philippe Claudel...
Raconter est un remède sûr, cette phrase de Primo Levi dans Le défi de la molécule est mise en exergue, et je trouve très intéressant que ce livre ait obtenu le Goncourt des lycéens, Claudel est effectivement un excellent raconteur. Est ce que de raconter l'Histoire aux générations suivantes est un moyen d'éviter sa triste répétition? Peut être, je n'en sais rien, j'espère.
C'est une magnifique et très dure fable sur le thème de l'altérité, et tout le monde a noté son caractère universel ( encore que les détails bien précis soient ceux d'un génocide bien particulier).
C'est aussi une description très juste du phénomène des foules, des groupes, de ce que peut entrainer la peur , la lâcheté .Une description de l'homme en quelque sorte , peut être un peu trop tranchée à mon goût ,il n'y en a pas un pour racheter l'autre dans ce village...
Et le portrait d'un survivant, d' un être qui préfère la poussière à la morsure, et c'est peut-être mieux comme cela
. D'un homme qui ne renoncera jamais à affronter la vérité, même la sienne. Un homme qui s'en veut d'avoir bu, pour survivre, l'eau d'une femme agonisant avec son bébé dans un de ces fameux trains...
« De grâce, dit-il à la fin, souvenez-vous. » Nous n'oublierons pas Brodeck. Ni tous les Brodeck qui ont dit non où que ce soit dans le monde ...
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[Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel] |
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Message |
Khany
Sexe:  Inscrit le: 09 Juil 2007 Messages: 22 Localisation: Lyon
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Posté: Ven 12 Oct 2007 12:16
Sujet du message: [Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel]
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Je n'ai pas lu les Ames grises mais je trouve que le livre met du temps à démarrer, l'auteur tourne un peu trop autour du pot.Mais je dois dire que le flou dans lequel il laisse l'histoire, les lieux est assez intéressant et séduisant. Cela donne un côté intemporel à l'histoire. Pas mal.
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[Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel] |
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Message |
BMR
Sexe:  Inscrit le: 30 Avr 2007 Messages: 123 Localisation: Paris
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Posté: Lun 10 Sep 2007 14:27
Sujet du message: [Le rapport de Brodeck | Philippe Claudel]
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Ce sera peut-être notre seule contribution à l'effervescence de la rentrée littéraire et de ses innombrables sorties qui s'empilent chez les libraires.
Mais nous étions sortis frustrés de notre lecture précédente de Philippe Claudel : le Café de l'Excelsior; sa plume méritait donc une seconde chance : Le rapport de Brodeck.
Bien sûr, on y retrouve les tournures savamment peaufinées qui nous avaient un peu agacés dans le Café.
Toutefois Le rapport de Brodeck s'avère plus consistant et au fil des pages les effets «m'as-tu-lu» de Philippe Claudel se diluent dans une histoire prenante et oppressante.
Une histoire qui se dit intemporelle et universelle mais qui fait clairement référence à deux guerres (la deuxième avec son cortège d'exactions et d'exterminations) et à un petit pays d'Europe centrale au dialecte germanique.
À la fin de cette deuxième guerre, quand Brodeck, réchappé d'un camp, retrouve son village, c'est pour être pratiquement le témoin d'un assassinat collectif, le quasi lynchage d'un étranger, d'un «Autre» (ils l'appellent l'Anderer). Les villageois vont lui demander d'écrire un rapport sur cet événement et les causes qui les ont amenés à cet acte abominable.
[...] ... si j'avais été dans l'auberge, je n'aurais rien fait pour empêcher ce qui s'est produit, je me serais fait le plus petit possible, et j'aurais assisté impuissant à l'épouvantable scène. Cette lâcheté, même si elle n'avait pas eu lieu, me dégoûtait. Au fond, j'étais comme les autres, comme tous ceux qui m'entouraient et qui m'avaient chargé de ce Rapport dont ils espéraient qu'il allait les disculper.
L'enquête de Brodeck constitue un roman construit de façon astucieuse et savante : tout est prétexte pour passer du coq à l'âne et du fil à l'aiguille. On navigue sans cesse d'un personnage à un autre, d'une époque à une autre. Sans que cela devienne confus ou embrouillé, on devine par petites touches successives le passé, la face cachée des uns et des autres, de Brodeck aussi. C'est ce qui fait tout le charme de cette lecture.
Un peu comme si l'on découvrait peu à peu les pièces d'un grand puzzle.
Un puzzle où il s'agirait de reconstituer un tableau.
Mais un tableau de Jérôme Bosch. Car c'est bien l'horreur et la noirceur que l'on découvre derrière chaque image.
«- C'est toi qui a lavé le sol ?
- Il faut bien que quelqu'un le fasse ...
- Et cette tache qu'est-ce que c'est ?
- À ton avis Brodeck ?»
Je me suis retourné vers Schloss.
« À ton avis ...» répéta-t-il d'un air las.
Brodeck vit dans un village où le curé est devenu un ivrogne : obligé de boire pour «oublier» tout ce qu'on est venu lui confier sous le sceau du secret de la confession.
Très vite, on a bien sûr une vague idée du tableau d'ensemble et l'on se doute que le lynchage de l'Anderer cache en réalité un drame encore plus sombre, comme si l'on disposait du modèle pour notre puzzle.
Mais cela ne suffit pas à la démonstration et tout l'art de Philippe Claudel est bien de nous amener, pièce par pièce, à prendre conscience de cette mécanique infernale et sous une apparence anodine de fable philosophique, il nous entraîne au plus noir de l'âme humaine.
Si certains croyaient encore que le rire est le propre de l'homme, ils découvriront que Brodeck est d'un tout autre avis : pour lui, c'est de lâcheté qu'est pétrie l'humanité.
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