Kôichi Gendai aurait pu tirer son épingle du jeu si ses richissimes parents n’avaient eu le mauvais goût de couler à pic lors d’une croisière sur un paquebot naufragé en lui laissant une dette d’un milliard de yen. L’ex fils à papa fait l’apprentissage de la vie dans un fast food. Bien que les créanciers l’assaillent régulièrement et lui soutire son maigre pécule amassée à la sueur de son front, Kôichi ne se démoralise pas. Il faut dire que tout novice qu’il soit, il sait y faire avec sa collègue de travail, la jeune Mutsuki Sakura, amoureuse et démonstrative. A ses relations sexuelles explosives, Kôichi y ajoute ses fantasmes avec sa jolie tutrice, Mirai Hoshino, qu’un testament paternel a imposé. Elle semble jouer un double jeu.
Entre les manigances des créanciers orchestrées par Gôichirô Udagawa, les scènes de fesses fusent. Bien que les sexes soient joints, le sperme jaillit à l’extérieur, décrivant des trajectoires ahurissantes. Convenablement nanti sexuellement, Kôichi sait d’instinct jouir avec sa partenaire, dans un tempo d’enfer. De plus il semble infatigable et inépuisable tout comme le désir de Mutsuki. Nonobstant ces délires scénaristiques, les personnages peuvent être touchants à travers leurs remarques naïves jamais graveleuses. Les corps sont bien dessinés même si les proportions ne sont pas toujours respectées ; les cadrages sont dynamiques, le trait est précis et les visages, en dépit d’une simplification exagérée, arrivent à faire passer des sentiments. Le lecteur peut se sentir lésé par la censure pudibonde qui blanchit systématiquement les sexes mais en fin de compte, leur gommage n’efface pas pour autant les crayons. Suggérés, ils n’en apparaissent que plus présents. L’édition est plutôt satisfaisante bien que le lettrage ne soit pas une réussite. Dans l’ensemble, le manga érotique est de bonne facture.
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